Que retenir de la journée sur la souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest ?
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Que retenir de la journée sur la souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest ?

COASP
08 Aug 2026
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En marge du Forum Social Mondial (FSM) de Cotonou, une journée d'échanges consacrée à la souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest a réuni, le 7 août 2026 à l'Hotel Paradisia (Cotonou), le Comité Ouest Africain des Semences Paysannes (COASP), le Nous Sommes la Solution (NSS), la Dynamique pour la Territorialisation de l'Agroécologie au Sénégal (DYTAES) et ENDA PRONAT.

Plaidoyers, témoignages et partages d'expérience ont dessiné les contours d'un même combat : préserver la semence paysanne comme socle de l'autonomie des peuples.

4 panels ont animé cette journée en démarrant par le COASP, le mouvement NOUS SOMMES LA SOLUTION, ensuite Enda Pronat et pour finir la DYTAES. 

En effet, pour le COASP , la souveraineté alimentaire précède toute souveraineté politique véritable. Il n'est pas question, pour les organisations présentes, de laisser les semences paysannes tomber entre les mains des industriels. C'est tout le sens des foires de semences organisées par le COASP : offrir aux communautés un espace pour échanger, préserver et faire circuler leur patrimoine semencier, tout en cultivant une vigilance citoyenne face aux pressions extérieures.

" Les foires de semences, les cases communautaires de semences sont de véritables outils de protection, de préservation et de pérennisation des semences paysannes. Une semence perdue en Cote d'Ivoire et disponible au Bénin peut repartir en Cote d'Ivoire grace à ces rencontres. C'est pourquoi le COASP soutient activement ces initiatives d'échanges communautaires par les foires " a confirmé Omer Agoligan, point focal COASP Bénin

Sur le panel, Famara Diédhiou , Coordinateur de programme pour l'Afrique de l'Ouest à AFSA ( Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique de l'Ouest ) a souligné le défi juridique qui encadre les semences paysannes notamment la loi UPOV (Union internationale pour la protection des obtentions végétales), qui interdit aujourd'hui la diffusion de semences paysannes sans accréditation, sous peine de poursuites.

Il a rappelé un principe défendu de longue date par les mouvements paysans : nul n'a le droit de breveter le vivant. Les résultats des plaidoyers menés jusqu'ici ont également été présentés comme des avancées, encore insuffisantes mais éxistantes.

Et qui parle de semences paysannes, parle des femmes qui sont les gardiennes de la semence paysanne. C'est le théme du panel du mouvement 'NOUS SOMMES LA SOLUTION'. 

Elles en sont les principales gestionnaires , véritables « greniers » vivants et le pilier du réseau de solidarité qui permet la circulation des semences entre personnes et communautés.

Leur travail couvre plusieurs étapes : la sélection des plus belles plantes ; l'élimination des impuretés ; la conservation dans des calebasses, canaris, sacs en tissu ou bidons.

Comme l'a résumé une panéliste, membre du mouvement panafricain " NOUS SOMMES LA SOLUTION " :

une semence conservée aujourd'hui est une récolte assurée demain.

L'enjeu n'est pas seulement de garantir la capacité de germination, mais bien de protéger des plants sains sur la durée.

En outre, Mariama Sonko, présidente du mouvement NSS a insisté sur cette centralité des semences dans les communautés africaines, où les femmes assurent la sélection, le traitement, le stockage, la nomination, la classification et l'usage des semences, et décident des variétés à semer, ainsi que du moment et de la quantité.

Pour la DYTAES, mise en place en mai 2019 à l'initiative de plusieurs organisations et plateformes engagées dans l'agroécologie, la DYTAES est aujourd'hui un réseau qui regroupe des organisations faîtières de producteurs, d'éleveurs et de consommateurs, des ONG, des entreprises, des institutions de recherche et de formation, des réseaux d'organisations de la société civile ainsi qu'un réseau d'élus locaux engagés dans la transition agroécologique. Elle agit par le plaidoyer, le partage d'expériences, l'accompagnement des territoires en transition et le dialogue politique avec l'État sénégalais.

Sur le terrain, la DYTAES s'appuie sur des structures locales, les Dynamiques pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL), réseaux locaux non reconnus légalement mais structurés, qui regroupent organisations de producteurs, ONG, institutions de recherche, acteurs privés, collectivités territoriales et services techniques engagés pour une transition agroécologique locale.

Tous les trois ans, l'organisation porte également une grande caravane nationale de mobilisation et de dialogue politique, dont la dernière édition en 2025 a été co-portée avec le ministère sénégalais en charge de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a rappelé Absa Mbodj, coordinatrice de la DYTAES

ENDA PRONAT (Environnement, Développement, Action pour la Protection Naturelle des Terroirs) a également présenté son parcours et ses missions. L'ONG, membre du réseau international Enda Tiers Monde, est née en 1982 suite à une étude ayant révélé les impacts négatifs de la révolution verte sur l'environnement et la santé des populations, avec l'ambition de promouvoir un modèle agricole alternatif, sain et durable.

Sa mission consiste aujourd'hui à accompagner la mise à l'échelle de la transition agroécologique au Sénégal et en Afrique de l'Ouest, notamment à travers la gouvernance participative et inclusive des ressources productives et naturelles, ainsi que la recherche, l'action et la formation pour l'intensification agroécologique.

L'organisation met un accent particulier sur le renforcement de la souveraineté alimentaire et l'autonomisation économique des femmes rurales. Enda Pronat assure par ailleurs le secrétariat de la DYTAES depuis 2020, ce qui en fait une cheville ouvrière du dialogue entre les acteurs agroécologiques et les pouvoirs publics sénégalais.

 

 

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