Paiements pour Services Environnementaux dans le Bassin du Congo : ce que révèle la recherche
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Paiements pour Services Environnementaux dans le Bassin du Congo : ce que révèle la recherche

COASP
14 Aug 2026
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Le jeudi 13 août 2026, Landscape Alliance a organisé une nouvelle session de son cycle de webinaires « Apprentissage sur la REDD+ : Webinaires pour la société civile », consacrée cette fois au thème : « Partage des bénéfices du REDD+ en RDC , que nous apprend la recherche ? ». La présentation était animée par Arsène Kashemwa, dans le cadre d'un partenariat associant Landscape Alliance, l'Initiative pour la Forêt de l'Afrique Centrale (CAFI) et le programme POMA-REDD.

L'objectif de la session : faire le point sur les Paiements pour Services Environnementaux (PSE), un mécanisme de plus en plus présenté comme un levier central pour concilier lutte contre la déforestation, sécurité alimentaire et développement des communautés rurales dans le Bassin du Congo .

Ce deuxième massif forestier tropical au monde, réparti sur six pays (Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, Gabon et Guinée équatoriale), et dont les forêts denses et humides couvrent encore près de 200 millions d'hectares sur une superficie totale d'environ 3,7 millions de km².

Le webinaire a d'abord posé les termes du débat : l'Afrique centrale disposerait de l'un des plus forts potentiels mondiaux en matière de PSE, avec plus de 270 millions d'hectares adaptables à ce type d'activités sans déforestation supplémentaire.

Selon la modélisation de CAFI citée dans la présentation, un déploiement complet des PSE dans la région pourrait permettre de séquestrer jusqu'à 4,8 gigatonnes de CO2e par an  soit environ sept fois les émissions totales de gaz à effet de serre du Bassin du Congo enregistrées en 2022. Un potentiel qui, selon l'intervenant, s'inscrit pleinement dans la dynamique de l'Appel à l'Action de Belém, qui invite les régions forestières tropicales à conjuguer protection des forêts et opportunités économiques équitables.

La présentation a ensuite détaillé les fondements théoriques des PSE : des transactions volontaires entre un ou plusieurs acheteurs et un fournisseur de service environnemental, dont le paiement n'est déclenché que si la pratique vertueuse est effectivement vérifiée (principe de conditionnalité), et qui doit produire un bénéfice allant au-delà de ce qu'imposerait déjà la réglementation (additionnalité).

Les services environnementaux rendus par la forêt ont été classés en quatre grandes catégories : les fonctions régulatrices (climat, cycle de l'eau, lutte contre l'érosion, biodiversité, stockage de carbone), les fonctions productives (bois, énergie, ressources alimentaires et médicinales), les fonctions de support physique (habitat, zones agricoles, sites conservés) et les fonctions informationnelles (valeurs esthétiques, culturelles, scientifiques).

Sur le plan opérationnel, les initiatives PSE dans le Bassin du Congo s'articulent autour de six piliers techniques : agroforesterie, cultures pérennes, gestion durable des forêts, régénération naturelle, reboisement et conservation de la nature.

Pour dépasser le stade purement théorique, plusieurs pays d'Afrique centrale se sont dotés d'outils technologiques dédiés : un logiciel de planification et de ciblage géographique (« Ground Impact PSE ») destiné à évaluer l'impact prévisionnel des investissements, ainsi qu'une application de gestion centralisant la réception des candidatures, le suivi cartographique et le calcul automatisé des paiements. Le contrôle repose sur des agents de terrain et sur la télédétection satellitaire, chargés de valider la conformité environnementale avant tout transfert financier.

La gouvernance des PSE se déploie, selon la présentation, à deux niveaux complémentaires : une échelle régionale, portée par des partenariats internationaux (COMIFAC, PFBC, CAFI, Fonds bleu pour le Bassin du Congo), et une échelle nationale, ancrée dans le droit interne de chaque pays et dans le principe de subsidiarité vis-à-vis des peuples autochtones et communautés locales, afin d'éviter les « trappes à pauvreté ».

L'intervenant a également distingué deux échelles d'application concrètes : l'échelle individuelle ou familiale, qui cible les agriculteurs ruraux et petits propriétaires avec l'avantage d'une sécurisation directe des revenus, mais un coût élevé de suivi technique et l'échelle communautaire ou territoriale, qui cible les concessions communautaires, les villages et les peuples autochtones, avec un enjeu fort de partage équitable des bénéfices et de gestion des conflits de gouvernance locale.

Le webinaire s'est achevé sur une série de recommandations opérationnelles adressées aux organisations de la société civile :

  • Jouer le rôle d'Agence Locale d'Exécution (ALE), avec des contrats de partenariat standard conformes à des modèles éprouvés de due diligence, de redevabilité financière et de suivi-évaluation ;
  • Identifier et accompagner les Cadres de Concertation Local (CFCL) et les initiatives PSE existantes ;
  • Promouvoir le développement communautaire et les activités génératrices de revenus (AGR) ;
  • Renforcer les filières agricoles et forestières durables ;
  • Encadrer la mise en place et l'animation des plateformes de concertation locales ;
  • Sensibiliser et appuyer le plaidoyer pour l'engagement des parties prenantes dans les processus d'aménagement du territoire, de planification de la gestion des ressources naturelles et de gouvernance foncière.