L'agroécologie, colonne vertébrale d'une transition juste : l'appel de Dr Million Belay aux OSC africaines
En effet, la rencontre continentale sur le renforcement de l'action climatique de la société civile africaine en matière de systèmes alimentaires et d'agriculture en vue des COP31 et COP32 se déroule du 07 au 09 septembre à Addis Abeba en Ethiopie.
D'entrée de jeu, le Dr Belay a posé le cadre politique du débat. Pour lui, une transition juste ne peut être conçue sans les premiers concernés : paysannes, paysans, communautés rurales et sans une clarification préalable : qui, aujourd'hui, contrôle réellement la souveraineté alimentaire du continent ?
Une question qui selon lui doit précéder toute stratégie de financement ou de politique agricole sous peine de reproduire les rapports de force qui ont fragilisé les systèmes alimentaires africains. Cette exigence se double d'un mot d'ordre pour la société civile : organiser les communautés à la base et agir directement sur les politiques plutôt que de subir des orientations pensées loin des réalités du terrain.
Au cœur de son intervention, le Dr Belay a défendu la puissance de l'agroécologie non pas comme une option parmi d'autres mais comme un modèle qui tire sa force du respect de ce qui fait déjà la richesse des campagnes africaines. Il a cité dans l'ordre l'agriculture familiale, le rôle central de la femme commerçante sur les marchés vivriers, les savoirs endogènes accumulés par les communautés, l'énergie des jeunes entrepreneurs agricoles et la capacité de ces différents acteurs à faire coopérer les marchés locaux entre eux.
C'est cette articulation : savoirs paysans, économie locale, jeunesse et rôle économique des femmes qui, pour l'AFSA, distingue l'agroécologie des approches purement techniques ou importées : elle ne remplace pas les systèmes existants, elle les renforce.
Le Dr Belay a également insisté sur un défi souvent sous-estimé par les mouvements de souveraineté alimentaire : celui de la communication. Selon lui, il ne suffit plus d'accumuler des preuves scientifiques et des données de terrain démontrant l'efficacité de l'agroécologie , encore faut-il savoir les traduire en messages publics clairs, capables de convaincre au-delà des cercles militants et académiques.
Quatre priorités pour la suite
L'intervention s'est conclue sur une feuille de route resserrée autour de quatre priorités partagées avec l'assemblée des OSC :
- Le financement public, orienté prioritairement vers les initiatives communautaires ;
- La restauration des sols, condition de base de toute résilience agricole durable ;
- La participation des jeunes, comme moteur d'innovation et de relève ;
- La construction : d'alliances, de capacités et d'infrastructures locales durables.