La recherche au cœur de la promotion des systèmes semenciers paysans à la FOSPAC 6
agriculture

La recherche au cœur de la promotion des systèmes semenciers paysans à la FOSPAC 6

COASP
16 Mar 2026
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Panel à la FOSPAC 6 sur le rôle des chercheurs dans la promotion des systèmes semenciers paysans.

Lors de la sixième édition de la Foire des Semences Paysannes de l'Afrique Centrale (FOSPAC 6) organisée à Essé (Cameroun), un panel a été consacré à la thématique « L’implication de la recherche pour la promotion des systèmes semenciers paysans (SSP) ». Les échanges ont permis de mettre en lumière les relations parfois complexes, ma

is indispensables, entre chercheurs et paysans dans la préservation et le développement des semences paysannes. Dès l’ouverture des discussions, un constat partagé s’est dégagé : les systèmes semenciers paysans ne peuvent évoluer sans la contribution de la recherche, même si la collaboration entre ces deux mondes reste encore insuffisante.

Les panelistes ont particulièrement insisté sur la question de la collecte des données et de la valorisation des connaissances issues du milieu paysan. Intervenant sur cette question, M. Patrice, formateur en agroécologie et en intégration des innovations, a rappelé que pour le paysan, « le laboratoire n’a pas de murs ».

‘ Selon lui, le champ paysan constitue le véritable espace d’expérimentation où chaque saison agricole représente une étape de recherche. Toutefois, il a reconnu que le principal défi demeure la documentation de ces expérimentations paysannes, souvent réalisées sur plusieurs années mais rarement consignées de manière structurée.’

De son côté, la professeure Mbenda a plaidé pour une recherche-action plus opérationnelle, fondée sur l’action collective et orientée vers des transformations concrètes au sein des communautés rurales. Cette approche, selon elle, doit viser non seulement la production de connaissances, mais aussi le changement de comportements. 

Malgré cette volonté, elle a souligné que la valorisation des résultats de recherche reste encore limitée, notamment en raison des difficultés liées à la collecte et à la gestion des données dans les milieux paysans.

Les échanges ont également permis d’apporter des perspectives régionales. M. Ladislas, venu du Gabon, a expliqué que la dynamique des systèmes semenciers paysans dans son pays demeure encore timide, portée par quelques acteurs engagés.

Il a souligné que l’alimentation gabonaise dépend encore fortement des importations, notamment en provenance du Cameroun. Pour sa part, le chercheur Nwaga a rappelé que le Cameroun dispose d’une production agricole dynamique et d’une grande diversité semencière, même en dehors de l’appui direct de la recherche.

Selon lui, l’intervention scientifique contribue surtout à améliorer les rendements, parfois au détriment de plusieurs autres critères de qualité. Il a toutefois insisté sur un point essentiel : le passage à l’échelle des semences paysannes ne pourra se faire sans une implication plus structurée de la recherche’.

 

Le débat s’est ensuite animé lors de la session de questions-réponses, certains représentants d’ONG et de paysans reprochant aux chercheurs de privilégier les programmes éEtatiques au détriment du soutien direct aux paysans.

Les chercheurs présents ont vivement réagi à ces critiques, affirmant que leur engagement aux côtés des paysans est réel, comme en témoigne leur participation active au sein du Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) et leur présence à ce panel. Ils ont également souligné qu’il ne faut pas confondre les orientations politiques des programmes publics avec le rôle scientifique des chercheurs.

En conclusion, le panel a rappelé que chercheurs et paysans restent profondément liés dans la promotion des systèmes semenciers paysans : leur collaboration, lorsqu’elle est bien structurée, constitue un levier essentiel pour la souveraineté alimentaire et la valorisation des savoirs agricoles locaux.